Objectif 2 : Comment définir les usages essentiels des datacenters ?

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Bilan Valeur, Leviers, Tensions de l’objectif 2 : Comment définir les usages essentiels des datacenters ?
Bilan Valeur, Leviers, Tensions de l’objectif 2 : Comment définir les usages essentiels des datacenters ?Informations

Suppression de certaines réplications de données en double et en triple (++)

La réplication des données consiste à créer des copies des données stockées dans un datacenter afin de les stocker dans un datacenter d’un autre lieu. Cela permet d’apporter plus de sécurité car en cas de panne, d’erreur, de cyberattaque ou encore de catastrophe naturelle, les données peuvent être récupérées rapidement et non être perdues. Elle permet également de « gérer de grands volumes de données de manière distribuée accélère l'accès aux données, réduit la latence d'accès et augmente la disponibilité des données » d’après ScienceDirect.

Notre idée serait alors de mettre en évidence les entités qui ont réellement besoin de ce processus de réplication (entreprises pour garder leur historique et leurs clients, les banques, les gouvernements, etc.) et ceux qui pourraient s’en abstenir (garder le menu de la cantine, mails personnels, etc.). Suite à cela, il s’agirait de supprimer toutes les copies qui ne seraient donc pas essentielles afin d’utiliser moins de place dans les centres de données.

Valeurs :

  • Convivialité (+) : Cette suppression rendrait plus conviviale certains secteurs en leur rendant une certaine autonomie (ne pas avoir des copies de leurs informations dans le monde entier). Cela simplifierait certaines entités qui n’ont pas besoin de ce degré d’interconnectivité. Cependant, si par mégarde les données venaient à être effacées, il n’y aurait pas de copie disponible. Il faut donc être sûr que ces entités puissent se permettre de perdre leurs données.

  • Soutenabilité (-) : La réplication n’est pas soutenable car en effet en faisant des copies de données, cela occupe deux fois voire trois fois plus de place dans les datacenters. Ainsi cela mène à plus de consommation d’énergie, plus de besoin de refroidissement et d’espaces de stockage. Notre idée vise à diminuer ces impacts et s’inscrit donc dans une démarche plus soutenable.

  • Responsabilité (+) : Nous avons conscience que cette idée aurait des impacts contraignant certaines activités. Mais si on fait une analyse précise des différents secteurs utilisant la réplication de données, les impacts seraient acceptables et ne paralyseraient pas l’entité à long terme.

Leviers :

  • Imaginer - Ataraxie (+) : L’ataraxie est l’absence de trouble et l’indifférence émotionnelle. En se privant des choses non-essentielles et en suivant une logique de sobriété, les entités qui n’ont pas réellement besoin de répliquer leurs données pourraient abandonner ces processus de duplication et permettre ainsi de gagner de l’espace de stockage en réduisant le gaspillage de place.

Tensions :

  • Croissance - Hubris (+) : L'hubris est la croyance que la réussite est assurée dans le futur et que les actions menées ne rencontreront pas de limite. La croissance est associée à cette croyance où l'augmentation de la consommation d'objets est un indicateur de bonheur. Notre idée s’oppose à ce principe puisque plutôt que de suivre la croissance de l’expansion des datacenters et de la sécurité des données, on souhaiterait que les entités en capacité d’y faire barrière le fassent.

Quantifier les espaces accordés aux entités selon leurs usages (++)

L’idée serait d’imposer des quotas maximums d’utilisation de l’espace des datacenters. En effet, si on mettait des régulations plus strictes, les différentes entités forceraient les utilisateurs à utiliser leurs technologies dans une optique plus soutenable. Par exemple, si gmail se voit réduire son espace de stockage des mails par n, ce dernier devrait appliquer des mesures de restriction à ses utilisateurs (comme effacer ses mails régulièrement, vider la corbeille). Ils pourraient concevoir des programmes de gestion de l’espace de stockage pour aider les utilisateurs à trier facilement leurs données et utiliser le moins d’espace possible. On peut aussi prendre l’exemple de drive et imaginer qu’ils rendraient dès à présent leur usage payant, contribuant ainsi à désinvisibiliser les datacenters et faire prendre conscience aux gens des conséquences derrière leurs usages naïfs des technologies présentes.

Il faudrait donc classer les entités qui utilisent les datacenters et mettre de stricts quotas d’allocation d’espace de stockage.

Valeurs :

  • Convivialité (-) : Notre idée ne s’inscrit pas dans une démarche de convivialité puisque nous ne simplifions pas les processus de stockage dans les datacenters, nous visons surtout à limiter leur utilisation.

  • Soutenabilité (+) : Notre idée est soutenable car cela permettrait de diminuer les usages des datacenters afin de réduire l’énergie et les ressources que demande leur entretien.

  • Responsabilité (+) : Cette idée aurait des impacts sur les populations puisque leur restreindre les espaces de stockage changerait leurs modes de vie. Cependant, il s’agirait ici non pas de bouleverser les habitudes de vie, mais de rompre avec l’insouciance des impacts. Les gens continueraient d’utiliser Internet et donc implicitement des datacenters, mais auraient des usages plus réfléchis de certains outils qui sont aujourd’hui utilisés comme s’ils étaient illimités.

Leviers :

  • Imaginer - Ataraxie (+) : Ici aussi l’ataraxie semble le levier de cette idée. Notre démarche vise à restreindre les compagnies pour qu’elles restreignent les utilisateurs. On priorisera ainsi un usage réfléchi des applications qui utilisent les datacenters en ne gardant en stockage que l’essentiel de nos données.

Tensions :

  • Progrès - Abstraction (+) : Le progrès technique s'accompagne d'un mouvement d'abstraction, on accède à Internet en cliquant sur un bouton, de partout dans le monde. Tout semble si simple, alors qu’on n’a pas conscience de comment ça fonctionne réellement. Les composants de notre ordinateur ont dû être créés, assemblés, testés, puis pour accéder à Internet, il y a des connexions wifi qu’on ne voit même pas et qui nous connectent au monde entier, et ce en passant par des datacenters. Ces datacenters sont eux aussi constitués de pièces qu’il a fallu construire, assembler et régulièrement entretenir (refroidir, alimenter) et changer. Mais toutes ces notions nous apparaissent comme abstraites et secondaires quand nous sommes face à notre ordinateur. Ainsi, notre idée de limiter l’accès aux ressources pour faire prendre conscience aux utilisateurs de ces notions est dans la continuité de cette idée.

Réguler les temps de stockage des données (+)

On s’intéresse ici au temps durant lequel les données sont stockées dans les datacenters. En effet, plus le temps passe et plus les informations qu’on stocke augmentent. D’un côté garder en mémoire les données peut se révéler très utile (faire des comparaisons scientifiques) mais prend également une place considérable dans les datacenters ce qui nous oblige à en créer toujours plus. Il s’agirait alors de fixer une durée de temps, disons n années, et qu’au bout de ces n années, un grand nombre des données seraient effacées. Il faudrait en amont réfléchir aux données qu’on doit à tout prix garder.

Valeurs :

  • Convivialité (+) : Notre idée s’inscrit dans une démarche de convivialité car effacer une grande partie des données simplifierait le traitement de celles déjà stockées.

  • Soutenabilité (+) : L’idée est également soutenable car le but est également de libérer de l’espace de stockage pour moins consommer et ne pas avoir à recréer toujours plus de datacenters et de composants (serveurs...).

  • Responsabilité (+) : Nous avons conscience que supprimer définitivement des données au bout d’un temps est contraignant. Mais les entités auraient suffisamment de temps pour trier leurs données et conserver celles qui leur sont essentielles. Elles auraient ainsi une responsabilité dans l’organisation de leur archivage pour être sûres de ne pas perdre des documents importants.

Leviers :

  • Politiser - Préfiguration (+) : Les objectifs de la préfiguration sont d'agir au présent, d'autoriser des expérimentations et donc des échecs. Il s’agit donc d’essayer de nouvelles voies pour créer la discussion et décider progressivement des mesures. Ce levier est intéressant pour notre idée car plutôt que d’imposer un temps n à partir duquel on effacera toutes les données, cela pourrait se faire de manière modérée : la 1re fois garder une semi-mémoire des infos supprimées pendant un court laps de temps pour voir si personne ne les réclame et toutes les entités ont eu le temps de s’adapter, avant de faire cela de manière définitive. Le temps n pourrait aussi être rediscuté entre les entités qui en sont impactées afin de trouver un équilibre convenable.

Tensions :

  • Progrès - Résilience (-) : La résilience est la capacité d'un système à retrouver son état initial après une perturbation. C’est exactement ce que met en avant notre idée : perturber les activités actuelles où on a des ressources de stockage illimitées en appliquant des processus pour effacer toutes ces données à des temps réguliers. Cela sera contraignant la 1re fois et des accidents arriveront très certainement, mais les gens apprendront à vivre avec si c’est imposé : « Un être qui s'habitue à tout, voilà, la meilleure définition qu'on puisse donner de l'homme » disait Fiodor Dostoïevski.

Publicité et avertissement (-)

L’idée est de diffuser des pop-up, et des messages de prise de conscience sur les applications et sites qui utilisent beaucoup de ressources des datacenters (IA notamment). Aujourd’hui, quand on va sur ChatGPT, les slogans sont : « Demandez tout à ChatGPT », « essais gratuits », « réponses rapides »... des slogans visant à pousser l’utilisateur à les utiliser. Notre idée serait alors d’inverser les tendances et d’arrêter de mentir aux utilisateurs en proposant des slogans comme « En utilisant ce site, vous utilisez n fois plus de ressources que sur internet », « Êtes-vous sûr de ne pas vouloir faire une recherche standard »... L’idée est d’avertir afin que l’utilisateur utilise moins ces sites, poussant ainsi ces sites à moins utiliser les datacenters pour faire baisser leur classement et ne plus avoir ce genre de commentaires.

Valeurs :

  • Convivialité (-) : Au contraire de la convivialité, l’idée complexifie encore plus les sites en ajoutant des messages d’alerte et des pop-up.

  • Soutenabilité (+) : Ajouter des messages complexifierait les sites et ne réduirait donc pas leur stockage dans les datacenters. Cependant, s’ils permettent de faire changer d’avis un grand nombre d’utilisateurs au point que ces sites utilisent moins les datacenters, alors ils pourraient s’inscrire dans une démarche soutenable visant à utiliser moins les datacenters.

  • Responsabilité (-) : Nous avons conscience que cette idée aurait du mal à être appliquée à des sites d’IA car cela les décrédibiliserait. De plus, cela appelle à la responsabilité des utilisateurs de ne pas ignorer les messages et de prendre la bonne décision.

Leviers :

  • Politiser - Fermeture (+) : Notre projet consiste à prévenir les utilisateurs des impacts des sites via leur utilisation des datacenters. Mais l’idée de prévention et d’alerte pourrait être poussée à son apogée et viser non plus à faire en sorte que ces sites utilisent moins les datacenters mais plutôt qu’ils ne les utilisent plus du tout car ces sites n’existeraient même plus dans une projection de fermeture.

Tensions :

  • Consommation - Publicité (-) : Son objet est de générer une consommation inutile a priori, manipulant ainsi l’utilisateur pour le forcer à consommer. Ici, notre idée s’oppose à ce principe puisqu’on cherche à utiliser la publicité, mais pas dans une optique de manipulation mais d’information et de prévention.

Liens utilisés

Réplication des datacenters : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1084804516000795

Glossaire

Entité : ici entité est utilisé pour parler d’organisations de diverses échelles (écoles, entreprises, collectifs, magasins ...)